[ Articles d'Aurore Van de Winkel]

Articles scientifiques

Rumeurs et théories du complot : la tentation d’y croire

Publié dans le Janvier-Février 2016 dans Politique, page(s) Lire l'article

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publié dans le 25.69.2104 dans xjy, page(s) Lire l'article

Contributions à des ouvrages collectifs

Légendes urbaines, construction identitaire et lien social : une relation complexe…

Publié dans Communication et lien social sous la direction de Jo M. KATAMBWE, paru en 2011, Québec, Presses de l’Université Laval ; page(s) 205-228

Quand le croire investit un phénomène de communication profane: le cas des légendes urbaines

Publié dans La croyance : de la théorie au terrain. Mise en perspective des approches néo-wébérienne issue de la phénoménologie et de l’anthropologie existentiale sous la direction de Bruno MICHON, Clémentine VIVARELLI et Guillaume ERCKERT , paru en France, Éditions Hermann, Coll. Société et pensées, 2012 ; page(s)

Les rumeurs en tant que signal faible des crises organisationnelles

Publié dans Prévenir les crises. Ces Cassandres qu’il faut savoir écouter sous la direction de Christophe ROUX-DUFORT, Thierry PORTAL , paru en France, Armand Colin, 2013. Prix 2014 du Meilleur Ouvrage de Recherche (catégorie essai) par la Fondation Nationale pour l'Enseignement de la Gestion des Entreprises (FNEGE) ; page(s)

Vom Storytellerzum Story-Victim. Wenn die Erzählung sich gegen das Unternehmen wendet

Publié dans Storytelling in der Romania. Die Narrative Produktion von Identität nach dem Ende der großen Erzählungen, Allemagne, LIT sous la direction de Charlotte KRAUSS , Nadine RENTEL , Urs URBAN, paru en 2014 ; page(s) 231-254

Quand les légendes urbaines de Bruxelles revisitent les contes et les fictions populaires : le thème du danger caché

Publié dans Collectif, Réécritures des mythes, contes et légendes pour l’enfance et la jeunesse : intertextualité, gaudeamus Hradec Králové sous la direction de , paru en 2016 ; page(s) 74-84

Monstre du Loch Ness : 5 raisons du succès d'une créature de légende

Il y a 81 ans, une photo donnait vie à un mythe : celui du monstre du Loch Ness. Le 21 avril 1934, un (faux) cliché de la célèbre créature était publié dans les colonnes du Daily Mail. Pour fêter l'événement, c'est Google qui se lance à la recherche de Nessie. Pourquoi un tel emballement ?
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Paru le 21.04.2015 dans L'Obs/Le Plus



Pourquoi les touristes et curieux se pressent-ils encore et toujours sur les berges du Loch pour tenter de l’apercevoir ? Aujourd’hui, est fêté le 81e anniversaire de la plus célèbre photographie du monstre écossais : Nessiterras Rhombopteryx, "Nessie" de son petit nom ! L’occasion de s’interroger sur les raisons du succès de cette créature qui fait partie de notre imaginaire collectif depuis près d’un siècle.

Un dragon sympathique qui attire les curieux
Entre le dragon, le dinosaure et le reptile marin tropical, le monstre serait entré, il y a douze mille ans, dans le Loch, alors que les glaces de la banquise s’écartaient des côtes.
Mais ce n’est que récemment qu’il fait le bonheur des cryptozoologues et du grand public à chaque lancement de nouvelles recherches visant à le débusquer et articles de presse promettant de nouvelles révélations.
Contrairement à d’autres créatures marines mythiques anthropophages symbolisant le chaos primitif ou les enfers telles le Léviathan ou le Kraken, Nessie est aussi étrange que sympathique puisque, jusqu’à ce jour, aucune attaque contre les humains n’a été recensée et aucune victime de notre espèce n’est à déplorer.
Et pour cause : malgré tous les témoignages, les photographies et les investigations terrestres ou sous-marines menées, malgré les technologies de plus en plus pointues utilisées, personne n’a pu prouver son existence. Pire, à la fin des années 1960, on apprenait que la célèbre photo n’était qu’un canular.
Mais alors pourquoi les touristes et curieux se pressent-ils encore et toujours sur les berges du Loch pour tenter de l’apercevoir ?

1. Une créature issue du folklore écossais
Premièrement, parce que cette créature relie la tradition orale celtique à notre culture populaire contemporaine. Le terrain permettant le succès de Nessie était en effet préparé de longue date. Résurgence des dragons marins – arborant la proue des drakkars vikings – et des créatures des eaux du Nord des mythologies celtes, il rappelle le monstre marin censé avoir été aperçu par Saint Columba en l’an 565 dans la rivière Ness, reliant le Loch à la mer du Nord.
Dans le folklore écossais existent également les "kelpies", sorte de génies équins habitant les plans d’eau. En 1823, l’existence d’un kelpie malfaisant dans le Loch Ness(1) faisait d’ailleurs partie des traditions orales locales. Quelques années après la grande crise de 1929 qui fit fuir les touristes de ce lieu auparavant fort prisé, Alex Campbell, garde-pêche et correspondant de l’"Inverness Courrier", écrit un article sur des terribles remous du Loch aperçus par des hôteliers du coin et fait la relation avec ce Kelpie, qu’il décrit comme un monstre !

L’imaginaire du grand public fait le reste en créant une image mentale de cette créature, associant la figure du serpent de mer à long cou et à tête chevaline de la mythologie norvégienne, celle du plésiosaure, découvert par la paléontologie, et celle du Brontosaurus du film King Kong qui venait de sortir dans les salles en 1933.
Cette image sera cristallisée par une photographie truquée en 1934(2) et reprise et revisitée dans de nombreuses fictions cinématographiques. Le monstre, ancré dans la tradition folklorique locale, devint ainsi peu à peu légende contemporaine connue mondialement.

2. Une expérience crypto-zoologique
Deuxièmement, parce que les visiteurs du Loch cherchent à vivre l’expérience crypto-zoologique et à devenir, le temps d’une balade, un aventurier pourchassant des animaux fabuleux.
Ne serait-ce pas extraordinaire d’être l’élu, la personne qui arrivera à prouver l’existence du monstre alors que des scientifiques et amateurs chevronnés ont dépensé tant d’argent et d’énergie pour avoir le privilège de le débusquer ?

3. Des illusions perceptives courantes
Troisièmement, parce que, conditionnés par leur recherche du monstre, ces visiteurs sont prédisposés à connaître des illusions perceptives(3).
Ainsi, de mauvaises interprétations sont à l’origine des nombreux témoignages : Nessie ayant été confondu avec des sillages laissés par des bateaux, des oiseaux, des troncs d’arbre flottants, etc.

4. Une crédibilité renforcée par la science

Quatrièmement, l’existence des missions scientifiques dès les années 1960 et les moyens investis dans ces recherches ont rendu crédible la recherche du monstre.

5. Le décor touristique parfait
Enfin, cinquièmement, parce que la région du Loch Ness, soutenue par les médias et encouragée par la population locale, avait tout pour faire venir les touristes.
Elle était déjà un haut lieu touristique bien situé, éloigné des grandes villes mais facile d’accès. Et elle possédait, avec son loch aux eaux troublées de tourbe dont la profondeur pourrait submerger dix fois la population entière du globe(4), le décor parfait pour une chasse au monstre.

Baudelaire disait :
"Je trouve inutile et fastidieux de représenter ce qui est, parce que rien de ce qui est ne me satisfait. La nature est laide et je préfère les monstres de ma fantaisie à la trivialité positive."(5)

Alors, ne soyez pas déçus de ne pas trouver dans cet article de preuves de l’existence du monstre. Rien ne vous empêche de partir enquêter dans les régions de France, pour retrouver la Vouivre, Troussepoil, la bête Rô, le Mahwot de la Meuse, la Mare de l’aïgop ou la Tarasque provençale ! Mais soyez prudents, ceux-là ont la réputation d’être beaucoup moins inoffensifs pour les humains !
Sources
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